Veuillez cliquer sur le titre du journal pour en déplier ou replier le contenu.


Le Jour-2007

..."Entre l'illusion et la farce, Rainbow de la compagnie Rêves éveillés à emporté le public marchinois au cœur d'un monde où l'on sourit tendrement.

PLEIN FEU sur l'univers tendre et facétieux dimanche sous le chapiteau de Latitude 50' à Marchin. Avec, sur la scène et pour une heure entière d'un spectacle dédié aux arts de la rue, Rachel Ponsonby et Philippe Lelouchier de la Compagnie Rêves éveillés. Un duo improbable si l'on sait que chacun vient d'un monde différent et qui pourtant, tient bien la route - ou la mesure, c'est selon.
C'est qu'ils ne lésinent pas sur les moyens, les deux comparses, pour endosser leurs personnages d'illusionniste et de clown. Car c'est bien de cela qu'il s'agit, « donner l'illusion » - d'un arc-en-ciel, d'une fleur, d'un bâton de pluie... à travers des improvisations visuelles et sonores, le tout enrobé d'un humour délicieux puisque faisant plus sourire que rire aux éclats. Alors pourquoi s'en priver. D'autant que l'improbable duo y va à la grosse louche pour ce qui est de surprendre son public et l'emmener sur leur terrain de jeu favori.

RÊVER LES YEUX GRANDS OUVERTS

En gestes forts et mots presque tus et misant sur le beau, le grotesque et le farfelu, ils s'en vont alors à coup de notes joyeuses réinventer leurs univers complices. Car il ne faut pas croire, si l'une chante plus qu'elle ne parle et danse plus qu'elle ne marche tandis que l'autre se cantonne dans l'illusion, tous deux s'accordent pour transporter le public dans une autre réalité. Celle où l'on rêve les yeux grands ouverts sur un monde où tout n'est que couleur et bons sentiments. On ne baptise pas son spectacle Rainbow pour rien !
Pour s'y retrouver dans cette fantaisie débridée de musique, de sauts, de farces et d'une gestuelle bouffonne, l'attachement que chaque personnage porte sur l'autre. Et pour cause, tout excentrique que veut paraître l'illusionniste, il n'en demeure pas moins épris de son assistante. Maladroitement d'abord car ne parvenant qu'à lui donner un coeur qui éclate, une rose qui s'étiole... Mais fougueusement ensuite puisque lui déclarant sa flamme entouré de fleurs, de lapins et de colombes dans un jardin enchanteur. Et c'est là, au-delà de l'illusion, que toute la magie apparaît. Resplendissante et savoureuse car s'appuyant sur ces petits riens : une émotion, un geste, un regard... et toutes ces suites de moments qui font la force du spectacle que l'on applaudit par trois fois."...

Nathalie BOUTIAU


Le Jour



La Meuse-2007

Tout l'art de l'illusion dans "Rainbow"
Le chapiteau de latitude 50' a accueilli "Rainbow", un spectacle de prestidigitation mettant en scène un duo époustouflant : celui de Rachel Ponsonby et de Philippe Lelouchier issus de la Compagnie "Rêves éveillés". Dès les premières minutes, le ton est donné : celui de faire apparaître une fleur, de la pluie, un arc-en-ciel. Et voilà, petits et grands émerveillés par ce monde fascinant de la magie, scrutant le moindre geste afin d'essayer de comprendre les secrets bien cachés de ces tours de passe-passe. Des trucs intrigants il faut bien l'avouer! Un journal déchiré en morceaux qui tout à coup se retrouve pratiquement entier, des coupes qui instantanément se remplissent d'eau, un fil coupé en morceaux qui retrouve son aspect du début. Des trucages qui renforcent encore le côté mystérieux des séquences. Rachel accompagne son comparse en musique troquant tour à tour son petit piano contre une flûte traversière, un banjo ou une clarinette. Sur ses drôles de chaussures rehaussées, elle danse, chante... vocalise et joue son numéro. Philippe Lelouchier se métamorphose successivement en clown, en aveugle, s'amuse à nouer des foulards, à jouer avec des ballons. Puis, apparaissent d'autres complices: des colombes blanches sorties de foulards, deux lapins blancs...puis des fleurs et encore des fleurs créant un jardin enchanteur.
M. HOUGARDY





Le Quotidien Jurassien-2006-SUISSE

..."Sans oublier le magicien belge Philippe Lelouchier qui, pour le plus grand bonheur des enfants, a fait sortir un lapin de son chapeau"...




Metro-2006

..."Délire magico-musical

BRUXELLES Vous les avez applaudis cet été dans le cadre des Espaces Speculoos, ces spectacles de rue qui envahissent la capitale l'été. Ils sont à présent de retour pour «Noël au théâtre» avec leur spectacle «Rainbow». Ils? Ce sont Rachel Ponsonby et Philippe Lelouchier. Elle joue comme clown et musicienne au Cirque Plume, lui est illusionniste professionnel. Un «délire magico musicalement belgo english (dans le désordre)» à aller applaudir à l'Espace Senghor, les 27 décembre à 16h et 28 décembre à 16h et 20h. Prix: € 7 sur place, € 6 ou 5 en prévente -Infos: centre culturel d'Etterbeek, chaussée de Wavre 366 à Bruxelles - Tel: 02 230 31 40"...



Revue de la Prestidigitation-1998-FRANCE

..."En final. Philippe Lelouchier. présente un bon numéro comique, mi-parlé avec le journal déchiré et mi-manipulation avec chasse aux pièces géantes, cartes géantes et apparition du lapin au chapeau."...

Palmarès :

Close-up :
Jean Garis : Deuxième prix,
Dexter : Prix d'encouragement.

Scène :
Patrick Reymond : Premier prix.
Philippe Lelouchier : Second prix.

Le jury international était présidé par Pierre Edernac.



La Nouvelle Gazette-1996

..."Et puis il y avait Philippe Lelouchier, époustouflant de justesse dans le ton, de précision parfaite dans les gestes, de naturel dans toute la prestation. Et cela avec une poésie, une fraîcheur, sans emphase ni baratin... Par exemple quand, manches retroussées bien haut, face au public dont les premiers rangs étaient tout proches, il fait sortir de sa main - on le croirait vraiment ! - une, deux, dix, trente cartes. C'est classique peut-être, mais tellement parfait, tellement spontané... C'est d'ailleurs lui qui a reçu le plus de prix, décernés par les différents jurys."...

M.D.




Vers l´Avenir-1996

..."Un lauréat " tortionnaire de l'Imprimé "

...Puis, Philippe Lelouchier fit son apparition : un drôle de bonhomme, à la fois solennel et farfelu, qui commença son numéro en déchirant lentement, méthodiquement, un journal. Notre âme de journaliste frémissait déjà. Quand le journal ne fut plus qu'une poignée de petits bouts de papier rassemblés au creux de la main de notre "tortionnaire de l'imprimé", celui-ci, en un claquement de doigts, lui restitua sa forme initiale. Ou presque : il manquait un morceau sur la premiere page. Embarras du magicien qui retrouve le carré manquant sur le sol : -"La prochaine, je tacherai de faire mieux ", finit-il par lâcher devant le public médusé. Sa prestation lui valut le Prix du Public - et celui de la Presse, pas rancunière en l'occurrence.

Après la cérémonie de clôture, Philippe Lelouchier, grand gagnant de la soirée, se reposait dans les coulisses vides Etats d'âme d'un magicien après son combat avec la réalité : "Ces Prix, évidemment, me font énormément plaisir. Nous autres, magiciens, sommes rarement reconnus par le grand public et le Festival nous apporte une aura artistique." Comment devient-on magicien, au fait ? "J'ai débuté à 10 ans avec une boîte de jeu de magie. Puis, j'ai fréquenté un club de magie. On a monté de petits spectacles et puis voilà, aujourd'hui, je vis de mon art. Mon numéro actuel s'est imposé tout seul : on travaille une technique qu'on affectionne puis un personnage vient se greffer à la technique et il suffit de le laisser vivre, voilà"...

Diederick LEGRAIN
Photos Philippe BERGER



Le Ligueur-1991

..."Confidences d'un magicien

Philippe Lelouchier aurait-il quelque chose à voir avec Merlin l'enchanteur ou l'apprentie sorcière ? Pas vraiment. Pourtant, Philippe (28 ans) est magicien (1). Il nous parle de sa passion. Sans trop rentrer dans les détails... pour ne pas dévoiler ses secrets !
Philippe Lelouchier : Magicien, illusionniste, prestidigitateur : ces trois mots sont souvent employés l'un pour l'autre. Mais il y a des différences. Selon le dictionnaire, le magicien est un sorcier, quelqu'un qui produit des phénomènes inexplicables; il n'a pas recours aux trucages (mais on a tendance a utiliser ce terme pour décrire tous ceux qui font des tours : « magicien » est plus facile à prononcer qu'« illusionniste » ou « prestidigitateur » !). L'illusionniste fait appel à des trucages; il se sert d'accessoires truqués, de boîtes à double fond... Une grande illusion est la femme coupée en deux dans une boîte. Quant au prestidigitateur (de « preste », rapide, et « digitus », doigt), il profite surtout de l'habilité de ses doigts. Il manipule des balles, des pièces, des cartes,... Moi, je me dis magicien, mais je ne prétends pas avoir des pouvoirs extraordinaires. Mes tours (de prestidigitation et d'illusionnisme) paraissent mystérieux mais ils ont tous une explication logique. J'utilise des jeux de cartes, des colombes, des cigarettes, des boules, des anneaux chinois... (Un de ses tours : il a cassé, sous mes yeux, un long fil en plusieurs morceaux et a réussi à le rendre de nouveau intact).

Martine Gayda : Que signifie, pour toi, faire de la magie ?

P.L. : Faire des tours de magie, c'est pouvoir étonner les gens et les faire rire. Si je fais de la magie, c'est parce que j'ai été fasciné par de bons magiciens.

M.G. : Et comment cette passion est-elle venue ?

P.L. : J'ai le vague souvenir d'avoir été, enfant, impressionné par un illusionniste du Cirque de Moscou, il faisait de grands trucs, comme la femme coupée en deux ou la corde indoue (une corde tient toute raide au milieu de la piste et quelqu'un y grimpe). J'ai su par la suite qu'il s'agissait de trucages. J'ai reçu une boîte de magie pour ma Saint-Nicolas ou ma Noël. Puis, j'ai fait partie d'un club de jeunes magiciens. J'allais chez des « marchands de trucs», ce sont des magasins où l'on vend des accessoires de magie.

Tout n'est qu'illusion

M.G. : C'est quoi un truc ? P.L. : La magie n'existe pas, tout n'est qu'illusion. Un truc peut être très simple. Les meilleurs tours sont ceux dont les secrets sont les plus simples, tellement simples que les spectateurs n'y pensent pas. L'illusionnisme fait parfois appel à la chimie, à la physique. Au 19ème siècle, on faisait passer des expériences d'électricité ou de chimie pour des tours de magie. Aujourd'hui, le liquide qui change de couleur, par exemple, n'a plus rien de mystérieux; tous les étudiants ont fait ce genre d'expérience au cours de leurs études. Toute la subtilité en magie, c'est de faire des tours d'illusionnisme qui se basent sur la chimie ou l'électronique sans que les gens s'en rendent compte, il existe des moyens de détourner l'attention du public...

M.G. : Comment apprend-on des tours?

P.L. : En lisant des livres de magiciens dans lesquels ils livrent leurs secrets; en allant voir des magiciens; en les regardant faire aussi (je devine comment ils font); et en travaillant; on découvre des trucs en manipulant les accessoires. En prestidigitation, l'entraînement compte beaucoup.

M.G. : Quand tu vois d'autres tours de magie, t'arrive-t-il encore d'être étonné?

P.L. : Oui, bien sûr. Je suis souvent étonné par la personnalité d'un magicien ou par la présentation d'un tour. Dans l'illusionnisme, si les secrets ont de l'importance, la manière de présenter les tours est tout aussi importante. En fait, un bon magicien, c'est un acteur qui joue le rôle d'un magicien.
M.G. : Est-ce que tu crois à tes tours ?

P.L. : Comme je viens de le dire, un magicien, c'est un acteur qui doit croire à ce qu'il fait. Quand il fait apparaître un lapin, il doit vraiment croire que le lapin apparaît par magie. Quand il coupe une corde en deux, il doit le croire, même s'il ne la coupe pas en deux... Pour que le public le croie aussi."...

Propos recueillis par Martine GAYDA

(1) Philippe Lelouchier est ingénieur de métier, il vient de recevoir une bourse de la Fondation belge de la vocation pour s'améliorer comme magicien. Il rêve de devenir magicien professionnel




Le Soir-1991

..."On peut être polytechnicien, ingénieur civil electromécanicien, et n'avoir qu'une seule envie : faire de la magie. Une idée originale qui a amené Philippe Lelouchier, Ixellois de 28 ans, a s'adresser à la Fondation belge de la vocation.
Le but de la fondation, explique son président, Claude Wielemans, est de permettre à des jeunes d'aller jusqu'au bout de leurs rêves. La bourse que nous leur octroyons est en quelque sorte le coup de pouce financier qui leur donnera la possibilité de réaliser leur vocation et d'être heureux.
Bien entendu, il y a une sélection à opérer. La fondation reçoit environ cent vingt demandes par an pour quinze bourses disponibles (de 200.000 F chacune). Certains candidats sont orientés par le jury vers d'autres bourses existantes, la fondation étant à considérer comme le dernier recours. Ce jury se compose de vingt-sept membres, spécialistes dans divers domaines (arts plastiques, sciences, musique, philosophie, etc.). A eux de faire le tri, de voir si le candidat a les connaissances de base suffisantes, le talent nécessaire et l'enthousiasme qui ne trompe pas. Ainsi, dans le domaine des arts plastiques, les candidats doivent présenter trois ou quatre oeuvres au jury. Depuis sa création en 1963, la fondation a ainsi aidé trois cent cinquante-six jeunes qui, pour la plupart, ont persévéré de manière brillante.
Nous soutenons bien volontiers des vocations originales, assure le président. Ainsi avons-nous un jour retenu la candidature d'un berger qui a pu étudier à Rambouillet dans la seule école de bergerie d'Europe.
Le jury de la promotion Bleustein-Blanchet 1990 a remis son verdict. Quatorze lauréats ont reçu leur bourse, ce mardi, des mains du prince Philippe. Parmi eux, Philippe Lelouchier, dont la vocation d'illusionniste est incontestable.
— "J'ai le vague souvenir d'avoir été impressionné par un illusionniste du cirque de Moscou, raconte-t-il. J'étais fasciné par les grands trucs, style femme coupée en deux. En grandissant, je me suis orienté vers la manipulation d'objets plus petits. Je faisais partie d'un club de jeunes magiciens. Plus tard, j'ai participé à des séminaires tout en poursuivant mes études."
Maniaque et perfectionniste, Philippe Lelouchier applique à l'illusionnisme la rigueur scientifique et mathématique qui, en tant que chercheur à l'ULB, lui est familière. Et puis, ce métier fait parfois appel à la physique et à la chimie. La magie n'existe pas. Elle n'est qu'illusion. D'où l'importance des illusionnistes lorsqu'il s'agit de démasquer les charlatans.
Philippe Lelouchier présente, depuis 1989, en compagnie de sept autres personnes, des spectacles de magie qui font la part belle au comique et à la mise en scène. Il espère, aujourd'hui, devenir un vrai professionnel."...

ANNICK HENROTIN





Le Vif-L´Express-1991

..."PHILIPPE LELOUCHIER

LA MAGIE DE LA VOCATION

Polytechnicien et ingénieur civil électromécanicien. A 28 ans, Philippe Lelouchier peut aborder sereinement une carrière professionnelle, direz-vous. Eh bien, non ! Car Lelouchier a beau avoir "un solide bagage ", la seule valise qui compte à ses yeux est celle du magicien. Boîtes de magie pour enfants, tours en famille, club de jeunes magiciens, petites représentations, son parcours dans la prestidigitation a, jusqu'à présent, suivi la filière classique. Mais, pour mener son art au sommet, il ne se fait pas d'illusion : il doit encore se perfectionner avec des professionnels confirmés. Ce que lui permettra l'une des 14 bourses 1990 que vient de lui décerner la Fondation belge de la vocation — fondée en 1963 par Emile Bernheim. Un encouragement très palpable !"...



Paris Match-1991


..."Philippe Lelouchier prend ses rêves pour des réalités et cela marche. Lauréat de la Fondation Belge de la Vocation dernière cuvée, il est chercheur à l'ULB. le jour et magicien le soir. Pourquoi se contenter d'une vie quand on peut en vivre plusieurs? Voici toute l'explication.
Docteur Jekill et Mister Hyde. Philippe Lelouchier? Maybe. Certainement quelqu'un de pas banal. Sa biographie déjà officialisée par la Fondation Belge de la Vocation nous dit que tout petit déjà, il était fasciné par l'illusionnisme et manipulait des marionnettes. Mais, des millions d'enfants adorent cela. Plutôt que d'entrer dans un cirque pour nettoyer la cage des fauves et apprendre deux, trois tours de clown ou de jongleur, Philippe Lelouchier est entré à Polytechnique. Ce n'est rien d'y entrer. Il faut en sortir avec le diplôme! Philippe, lui. a réussi où des milliers échouent. C'est donc son premier exploit mais cela ne mérite pas un article dans les journaux. Diplômé avec distinction, il travaille aussitôt dans un bureau de génie civil et devient chercheur à l'U.L.B. Au bout de deux ans. il décide de ne plus travailler qu'à mi-temps. Sa vocation l'a repris par la peau du cou et elle est plus forte que tout. Philippe Lelouchier est un ingénieur civil au matin des magiciens.

POURQUOI JE N'UTILISE QUE DES COLOMBES FEMELLES

— Vos partenaires, les cinq colombes blanches que je vois là dans la cage, vous leur avez donné des noms?
— Non. elles ne portent pas de noms mais elles sont baguées. Chacune participe au même tour. Ce n'est pas très intelligent comme animal. Le travail principal, c'est le magicien qui le fait. Je n'utilise que des colombes femelles parce que lorsqu'il y a des mâles, elles roucoulent, se battent et se déplument.
— Vous les sortez d'un chapeau?
— C'est le mythe, cela. Les magiciens font cela très rarement. Il est quasi impossible de montrer un chapeau vide et trois secondes après d'en sortir un lapin ou une colombe. Et puis, transporter un lapin, c'est difficile. Les magiciens sont des gens un peu paresseux.
— Et vous avez un lapin?
— J'utilise le lapin d'un autre magicien avec qui je fais un spectacle.
— S'il fait de la location de lapin, vous pourriez faire de la location de colombes, non?
— Cela se fait avec des agences de publicité pour le tournage de spots.

JE N'AI PAS DE TRUC POUR NE PAS ME FAIRE D'ILLUSION

— Puisque vous ne les sortez pas d'un chapeau, vos colombes, vous les sortez d'où?
— De foulards.
— Avez-vous inventé de nouveaux tours?
— Ce serait prétentieux de l'affirmer
mais j'ai des manières personnelles de faire apparaître mes colombes. Chaque magicien a son style mais nous sommes tous limités dans les effets d'apparition, de disparition, de transformation et de lévitation.
— Ce que je ne comprends pas c'est que vous avez fait Polytechnique alors que tout petit déjà, vous rêviez d'être magicien.
— Il n'existe pas d'école de magie. J'ai suivi quelques cours à l'Ecole Sans Filet, donnés par Stanislas avec qui je travaille aujourd'hui, mais ces cours se sont arrêtés parce que le public était limité. Stanislas, qui est licencié en droit, m'a conseillé de faire des études valables et je ne regrette pas de les avoir faites. C'est un acquis. En tant que magicien, j'applique la rigueur de l'ingénieur civil. Parmi les magiciens, je ne suis pas le seul à être ingénieur : Klingsor par exemple, est ingénieur agronome de formation.
Mais, ce n'est pas parce qu'on possède un diplôme d'ingénieur qu'on doit l'être à vie.
— Mais la recherche scientifique, vous aimez cela?
— Oui. mais il est difficile d'être plongé tout le temps dans des bouquins. Je me satisfais très bien de cette situation d'équilibre entre mes activités de magicien et de chercheur.
— Vos travaux à l'U.L.B., ils portent sur quoi?
— C'est une recherche appliquée dont le but est de servir à l'industrie. Le domaine dans lequel je travaille est celui de l'automatisme et des régulations.
— Votre rêve de vie, ce serait de pouvoir concilier les deux?
— Pour l'instant, la situation me convient, mais je crois qu'à un moment donné, il faudra faire un choix et je crois qu'il se portera sur la magie.
— Qu'est-ce qui vous plaît le plus dans le métier de magicien?
— Etonner les gens et être applaudi.
— Qu'allez-vous faire des deux cent mille francs de la Fondation de la Vocation?
— Suivre des cours particuliers chez des magiciens et chercher un metteur en scène.
— Lelouch?
— On croit souvent que nous sommes apparentés à cause de la similitude des noms de famille. A propos, vous savez que Woody Allen a suivi des cours d'illusionnisme?
— Non mais, dites-moi, Philippe Lelouchier, vous avez un truc pour ne pas vous faire d'illusion?
— Je n'en ai pas."...

Joëlle LEHRER

(La Fondation Belge de la Vocation asbl., bureau 315 Galerie Agora. Marché-aux-Herbes 105 Bte 6. Bruxelles Tél 02/5135783)





Yverdon Région-1991


..."Les ballets de la prouesse

Le grand art consistant à faire "comme si", quelques performances bien ficelées, même si inscrites dans la plus pure tradition du genre, ont soulevé des oh ! et des ah ! dans les rangs. Telles que toutes celles exécutées par le personnage de l'aveugle, éblouissant, celui-là. Ses tours de cartes constituaient, en plus d'une performance finement exécutée, une sorte de ballet merveilleux, un tableau d'un graphisme et d'un élégance du plus bel effet."...